Changer sans devenir quelqu’un d’autre : le pouvoir d’expérimenter


On entend souvent cette expression : « devenir la meilleure version de soi-même ».
Mais faut-il vraiment devenir quelqu’un d’autre pour changer ?
Changer peut aussi signifier élargir ses possibilités. Découvrir que, face à une situation, nous ne sommes pas obligés de réagir toujours de la même manière.
Une personne réservée n’a pas besoin de devenir extravertie. Elle peut simplement apprendre à prendre davantage la parole lorsqu’elle en ressent le besoin.
Une personne qui évite les conflits n’a pas besoin de devenir confrontante. Elle peut expérimenter une autre façon d’exprimer un désaccord.
L’objectif n’est donc pas forcément de changer qui nous sommes, mais de découvrir ce que nous sommes capables de faire autrement.
Expérimenter plutôt que réussir
Lorsque nous essayons quelque chose de nouveau, nous avons souvent tendance à raisonner en termes de réussite ou d’échec.
Ça fonctionne : j’ai réussi.
Ça ne fonctionne pas : j’ai échoué.
Et si nous remplacions cette logique par celle de l’expérimentation ?
Expérimenter, c’est essayer quelque chose sans avoir besoin de connaître immédiatement le résultat.
Je teste. J’observe ce qui se passe. Je comprends ce que cela produit. Puis j’ajuste.
Cette manière d’aborder le changement permet de sortir progressivement de certaines habitudes sans avoir à tout bouleverser.
C’est aussi l’un des intérêts d’un accompagnement : disposer d’un espace suffisamment sécurisant pour essayer autrement, observer ce qui se passe et comprendre ce que l’expérience nous apprend.
Agir sur ce qui dépend de nous
Il y a près de deux mille ans, Marc Aurèle écrivait dans ses Pensées sur une question qui reste étonnamment actuelle : que faisons-nous de ce qui nous arrive ?
Empereur romain et philosophe stoïcien, il ne défendait pas l’idée que nous pouvons tout contrôler. Bien au contraire.
Nous rencontrons des événements, des comportements, des contraintes et parfois des obstacles sur lesquels nous avons peu, voire aucune prise. Mais il distingue ce qui nous arrive de la manière dont nous choisissons d’y répondre. Dans le livre V de ses Pensées, il explique notamment que la pensée peut transformer l’obstacle rencontré et en faire la matière d’une nouvelle action :
« Ce qui nous barre la route devient ce vers quoi nous marchons. »
L’idée n’est évidemment pas de prétendre que tous les obstacles sont positifs. Il s’agit plutôt de se demander :
« Cette situation est là. Maintenant, qu’est-ce que je peux en faire ? »
Nous ne pouvons pas toujours modifier notre environnement ou les personnes qui nous entourent. En revanche, nous pouvons parfois retrouver une capacité d’action à l’intérieur de cette réalité.
Avancer, même lorsque le chemin change
Expérimenter ne signifie pas que tout fonctionnera.
Une tentative peut ne pas produire le résultat attendu. Une décision peut nous amener ailleurs que prévu. Un objectif peut évoluer en cours de route.
J’essaie. J’observe. Je rencontre peut-être un obstacle. Je m’adapte. Et j’avance autrement.
L’obstacle devient alors aussi une information.
Se tromper peut devenir une information
Imaginez un chercheur dans un laboratoire. Lorsqu’une expérience ne donne pas le résultat attendu, il ne conclut pas nécessairement : « Je suis nul. »
Il regarde ce qui s’est passé.
Pourquoi cela n’a-t-il pas fonctionné ?Qu’est-ce que cette tentative m’apprend ?Que pourrais-je modifier la prochaine fois ?
Nous pouvons appliquer la même logique dans notre quotidien.
Une conversation difficile, une décision qui ne produit pas l’effet attendu ou une nouvelle manière d’agir qui nous met mal à l’aise peuvent devenir des informations sur notre fonctionnement.
Au lieu de nous demander uniquement :
« Est-ce que j’ai réussi ? »
Nous pouvons aussi nous demander :
« Qu’est-ce que cette expérience m’a appris ? »
Et cette question change beaucoup de choses.
Comprendre. Expérimenter. Ajuster. Avancer.
Le changement n’est pas toujours spectaculaire. Il peut commencer par une conversation différente.Une limite que l’on ose poser.Une réaction que l’on prend le temps d’observer.Une décision que l’on essaie sans savoir exactement où elle nous mènera.
Petit à petit, nous découvrons d’autres façons de faire.
SE COMPRENDRE → EXPÉRIMENTER → AJUSTER → AVANCER
Et ce chemin n’a pas besoin de ressembler à celui des autres. Parce que l’objectif d’un accompagnement n’est pas de fabriquer une nouvelle version de vous-même.
Il est de vous permettre de mieux comprendre celle qui existe déjà, puis d’explorer ce qu’elle peut faire autrement.
Je ne suis pas là pour vous dire qui vous devez être. Je suis là pour vous aider à découvrir qui vous êtes et ce que vous pouvez en faire.
Alban Vallier
Coach en développement personnel
Mieux se connaître pour mieux avancer.



