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Pourquoi avons-nous parfois l'impression de tourner en rond ?

Photo du rédacteur: Alban VALLIER
Alban VALLIER
12 sept.
4 min de lecture


Pourquoi répétons-nous parfois les mêmes réactions et les mêmes situations ? Comprendre nos automatismes peut nous aider à changer de perspective et explorer d'autres possibilités.

« Pourtant, j'ai déjà essayé. »

Cette phrase, je l'entends régulièrement.

Vous avez réfléchi au problème.

Vous en avez parlé.

Vous avez essayé de changer.

Et pourtant, quelques semaines ou quelques mois plus tard, vous avez parfois l'impression d'être revenu exactement au même endroit.

Même situation.

Même réaction.

Même frustration.

D'où cette sensation particulièrement désagréable :

« Je tourne en rond. »

Mais si le problème n'était pas un manque de volonté ?


Nous utilisons naturellement ce que nous connaissons

Face à une situation, nous avons tendance à mobiliser les stratégies que nous connaissons déjà.

C'est parfaitement logique.

Lorsqu'une manière de faire a fonctionné pendant des années, pourquoi notre cerveau déciderait-il spontanément de l'abandonner ?

Le problème apparaît lorsque cette stratégie qui nous a été utile dans certaines circonstances ne correspond plus à la situation actuelle.

Prenons un exemple simple.

Une personne a appris qu'en évitant les conflits, elle préservait ses relations.

Pendant longtemps, cela fonctionne.

Puis elle se retrouve dans une situation professionnelle où elle aurait besoin d'exprimer clairement un désaccord.

Son ancien fonctionnement continue de lui souffler :

"Ne dis rien. Ça évitera les problèmes."

Cette stratégie n'est pas nécessairement « mauvaise ».

Elle est simplement devenue moins adaptée à ce qu'elle souhaite aujourd'hui.


Faire davantage de la même chose

Lorsque quelque chose ne fonctionne pas, notre premier réflexe consiste parfois à augmenter l'effort. Nous essayons plus fort. Plus longtemps. Avec davantage de contrôle.

Imaginez que vous poussiez une porte qui refuse de s'ouvrir.

Vous poussez une première fois.

Puis plus fort.

Puis avec l'épaule.

Puis en prenant de l'élan.

Et quelqu'un finit par vous montrer la petite inscription :

TIRER.

Votre problème n'était pas votre manque de motivation.

Vous utilisiez simplement la même stratégie.

C'est précisément là qu'un changement de perspective peut devenir intéressant.


Quand notre manière de voir réduit nos possibilités

La recherche en psychologie s'intéresse notamment à la flexibilité psychologique, c'est-à-dire, très simplement, notre capacité à ne pas rester enfermés dans une réponse rigide face à nos pensées, émotions ou situations.

Une méta-analyse publiée dans Behavior Therapy, regroupant 151 études menées dans plus de 35 pays, a observé une association entre une plus grande rigidité psychologique et un niveau de bien-être plus faible.

Attention à la nuance : les auteurs soulignent eux-mêmes que beaucoup des données analysées sont corrélationnelles. Cette étude ne permet donc pas de dire : « la rigidité cause le mal-être ». Elle montre une relation suffisamment importante pour mériter notre attention. extrait

Et pour nous, l'idée intéressante est finalement assez simple :

Plus nous n'envisageons qu'une seule façon de réagir, moins nous avons de possibilités.


Changer de point de vue ne signifie pas nier le problème

Il existe une différence entre :

« Ce problème n'existe pas. Pense positivement. »

et :

« Existe-t-il une autre manière de regarder cette situation ? »

La première phrase efface ce que vous vivez.

La seconde ouvre une porte.

Changer de perspective ne consiste donc pas à repeindre artificiellement une difficulté en rose.

Cela consiste à regarder si notre interprétation actuelle est la seule possible.

Par exemple :

« Je dois réussir du premier coup. »

pourrait devenir :

« Qu'est-ce que je pourrais apprendre en essayant ? »

« Je ne sais pas faire. »

pourrait devenir :

« Qu'est-ce qu'il me manque pour apprendre ? »

« Je dois choisir la bonne solution. »

pourrait devenir :

« Quelles sont les différentes options et qu'est-ce que chacune implique ? »

Le problème n'a pas miraculeusement disparu.

Mais notre marge de manœuvre vient de s'agrandir.


Se connaître ne veut pas dire tout aimer de soi

La connaissance de soi est parfois présentée de façon très séduisante : il suffirait de découvrir son « vrai soi » et tout deviendrait évident.

La réalité est plus intéressante que cela.

Se connaître, c'est aussi découvrir certaines contradictions.

Vouloir être libre et avoir besoin de sécurité.

Aimer les autres et avoir parfois besoin de solitude.

Vouloir changer et, simultanément, avoir peur de ce que ce changement pourrait provoquer.

Nous pouvons accueillir ces contradictions plutôt que chercher immédiatement à les supprimer.

Parce que comprendre son fonctionnement ne signifie pas nécessairement le juger.

Cela permet surtout d'avoir davantage de possibilités.


Comprendre ce qui se joue avant de vouloir le supprimer

Lorsque nous identifions un comportement qui nous dérange, nous voulons souvent nous en débarrasser.

Pourtant, il peut être intéressant de commencer par une autre question :

« À quoi cela me sert-il ? »

Un comportement qui semble aujourd'hui nous freiner a parfois eu une fonction.

Éviter.

Protéger.

Être accepté.

Garder le contrôle.

Ne pas décevoir.

Réduire l'incertitude.

Le comprendre ne signifie pas décider de le conserver.

Cela signifie simplement que nous cessons de lutter contre quelque chose dont nous n'avons pas encore compris la logique.


Vous n'avez peut-être pas besoin d'une meilleure réponse

Vous avez peut-être besoin d'une nouvelle question.

C'est l'une des raisons pour lesquelles l'accompagnement peut être intéressant.

Une personne extérieure n'est pas là pour posséder la réponse que vous n'auriez pas trouvée.

Elle peut en revanche vous aider à regarder l'endroit où vous vous trouvez sous un autre angle.

Et parfois, ce petit déplacement suffit pour apercevoir un chemin que nous ne voyions plus.

Tourner en rond ne signifie pas nécessairement que vous êtes incapable d'avancer. Peut-être avez-vous simplement exploré toutes les possibilités que vous pouviez voir depuis votre position actuelle.

La suite ?

Changer légèrement de position.

Et regarder à nouveau. 🧭


Alban Vallier, coach en développement personnel. Mon accompagnement propose un cadre pour prendre du recul, comprendre ce qui se joue et expérimenter d'autres manières d'agir.



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